« Je travaille beaucoup, j’ai pas envie de gronder mon enfant le peu de temps que j’ai avec lui. »
« J’aime pas gronder mon enfant, j’ai l’impression qu’il ne m’aime plus après. »
« Quand je dis non, il fait une crise, je ne sais pas gérer… alors on finit par faire comme il veut. »
Si une de ces phrases vous ressemble, vous n’êtes pas seul.e. Et vous n’êtes pas un parent laxiste, ni démissionnaire.
Vous êtes un parent qui aime profondément son enfant — au point d’avoir peur de le décevoir, de le frustrer, ou de gâcher le peu de temps que vous avez ensemble. Ce n’est pas un défaut. C’est même tout le contraire.
Ce que je vois souvent en cabinet
Ce n’est jamais un manque d’amour ou de fermeté qui se cache derrière ces phrases. C’est souvent l’inverse : trop de cœur, et pas assez d’outils pour tenir le cap sans se sentir coupable.
Il y a les parents qui travaillent beaucoup, et pour qui chaque moment avec leur enfant compte double. Passer ce temps précieux à dire non, à gronder, leur semble presque être un gâchis. Alors ils cèdent, pour préserver ce qu’il reste de douceur dans la soirée.
Il y a ceux qui associent, sans s’en rendre compte, le non à une perte d’amour. Le visage déçu ou furieux de l’enfant après un refus donne l’impression d’avoir abîmé quelque chose. Cette impression est souvent fausse, mais elle est bien réelle pour le parent qui la ressent.
Et il y a ceux qui se retrouvent simplement démunis face à ce qui suit le non : les cris, les pleurs, parfois les coups. Sans savoir comment traverser ce moment, céder devient la sortie la plus rapide.
Ce qui se passe vraiment pour l’enfant
Voici ce qui est souvent rassurant à entendre : un enfant qui obtient systématiquement ce qu’il veut après une crise ne se sent pas comblé. Il se retrouve avec un pouvoir qu’il n’a pas demandé, et qui l’inquiète plus qu’il ne le rassure. Avant 6 ans, un enfant a besoin de sentir qu’un adulte tient le cadre, même quand ça le frustre — c’est ce qui le sécurise, pas l’inverse.
Cela ne veut pas dire que sa frustration n’existe pas, ou qu’elle ne compte pas. Elle est réelle, et elle a le droit d’être là. Mais elle n’abîme pas la relation. Un enfant qui sait que son parent tient bon, même face à sa colère, se sent souvent plus en sécurité dans cette relation — pas moins aimé.

Deux choses simples à essayer cette semaine
1. Nommez ce que vous voyez, sans céder. Face à la crise qui suit le non, une phrase simple suffit : « Je vois que tu es très en colère parce que je t’ai dit non. C’est normal d’être en colère. Le non, lui, ne change pas. » Pas besoin de convaincre ou de vous justifier longuement — juste rester présent pendant que la colère passe.
2. Choisissez un seul moment où vous tenez bon. Pas besoin de tout changer d’un coup. Repérez un moment précis de votre journée — le coucher, l’écran, le magasin — et décidez de tenir le cap uniquement sur celui-là cette semaine. Le reste peut attendre.
Ce que disent les parents après quelques séances
La première chose que j’entends souvent, c’est : « Je ne savais pas que c’était normal de ressentir ça. Je me sentais coupable à chaque fois que je disais non. »
Et quelques séances plus tard : « Je dis non, mon enfant râle, et ça va. Je ne me sens plus aussi mal après. »
Pas parce qu’ils sont devenus des parents parfaits — ça n’existe pas. Mais parce qu’ils ont retrouvé une posture qui leur correspond, sans culpabilité et sans rapport de force.
Et si on parlait de votre situation ?
Sortir de ce cercle n’est pas une question de volonté ou de « bonne » méthode éducative. C’est souvent plus facile d’y voir clair avec un regard extérieur, qui ne juge pas et qui part de ce qui fonctionne déjà chez vous comme parent.
→ Découvrir le soutien à la parentalité
Je vous reçois à Valence, à Romans-sur-Isère, ou en visio si c’est plus pratique.
Séverine Veyrières — Psychopraticienne, spécialisée en soutien à la parentalité et accompagnement des enfants & adolescents. Cabinet à Valence et Romans-sur-Isère (Drôme), et en visio.

